Ce que dit vraiment la science
Tomber malade en pleine préparation ou en pleine saison est toujours frustrant. Pour beaucoup d’entre nous, sportifs d’endurance, c’est un dilemme :
doit-on stopper complètement le sport pour récupérer plus vite, ou au contraire reprendre une activité légère pour “relancer le système” ?
Intuitivement, avec l’expérience, on finit souvent par écouter son ressenti : une reprise douce avant la guérison complète peut sembler bénéfique. Mais qu’en dit la science ? Pose-t-elle des règles claires ?
La réponse est oui — et c’est exactement ce que je vais résumer ici.
🚫 Quand il ne faut absolument pas faire de sport
Certaines situations imposent un arrêt total de l’activité physique. Ce n’est pas une question de volonté ou de mental (on en reparlera), mais de protection du cœur, du système immunitaire et de l’organisme.
Pas de sport si vous présentez :
- Fièvre
- Frissons
- Courbatures intenses
- Fatigue excessive (pas la fatigue “normale” d’entraînement, mais la fatigue systémique)
- Douleurs thoraciques ou gêne respiratoire inhabituelle
Ces symptômes indiquent que votre organisme lutte activement. Continuer un effort — même léger — augmente les risques de complications (notamment cardiaques !) et prolonge la maladie.
Pas de sport sous anti-inflammatoires ou antidouleurs
Ibuprofène, AINS, antalgiques puissants…
Ces médicaments masquent les signaux que votre corps vous envoie.
➡️ Conséquence : vous risquez d’aller trop loin, trop tôt, sans percevoir l’aggravation réelle de votre état.
C’est comme rouler vite avec toutes les alarmes éteintes : dangereux et contre-productif.
🚫 Note importante : attention à la “conduite dopante”
Utiliser des anti-inflammatoires ou des antidouleurs pour pouvoir s’entraîner quand même, “tenir jusqu’à la séance” ou “ne pas rater une sortie clé”, relève d’une conduite dopante (posez-vous les bonnes questions), même si la substance n’est pas interdite.
- Cela fausse les sensations
- Cela trompe le corps au lieu de l’écouter
- Cela augmente le risque de blessure, de surentraînement et de complications
- Et cela installe de mauvaises habitudes qui éloignent de la performance durable
S’entraîner, c’est aussi savoir s’arrêter (promis on parlera d’abandon dans un prochain article).
Les sensations sont un outil précieux : les anesthésier, c’est perdre son meilleur système d’alerte.
Ce que dit la science sur sport & immunité
Les études sont très claires :
1. Une activité physique régulière renforce durablement le système immunitaire
Entraînement structuré, charge raisonnable, récupération maîtrisée :
→ Moins de maladies au fil de l’année
→ Meilleure réponse immunitaire
→ Récupération plus rapide
Le sport d’endurance est l’un des meilleurs “boosters immunitaires” naturels… à condition d’être bien géré.
2. Les grosses séances et les très gros volumes… l’affaiblissent temporairement
On appelle cela “la fenêtre ouverte” (open window).
Après une séance très intense ou très longue, votre système immunitaire est temporairement affaibli pendant quelques heures.
➡️ Vous êtes plus vulnérable aux virus et bactéries.
➡️ Le risque d’attraper “le petit truc qui traîne” augmente vraiment.
Ce n’est pas un mythe. C’est documenté depuis des décennies en physiologie de l’exercice.
Comment se protéger dans cette période fragile ?
- Lavage des mains ++
- Éviter les contacts rapprochés avec des personnes malades
- Éviter les lieux très confinés juste après un gros entraînement
- Bien se couvrir après l’effort (refroidissement brutal = stress immunitaire)
- Refaire le plein : hydratation, glucides, sommeil
Alors… quand reprendre après une maladie ?
Dès que les symptômes systémiques ont disparu (fièvre, frissons, douleurs diffuses) et sans médicaments masquants, une reprise légère peut être envisagée.
Privilégiez d’abord le sport en intérieur :
→ Tapis de course, home trainer, rameur, elliptique…
Ces environnements offrent un contrôle total, une ambiance stable (pas de froid, pas de vent, pas d’humidité), et surtout la possibilité d’arrêter instantanément si une gêne apparaît.
C’est la meilleure option pour reprendre sans risque.
Reprise progressive :
- Activité douce : marche rapide, vélo facile, footing en aisance respiratoire
- Objectifs : oxygénation, circulation, relance métabolique, libération d’endorphines
- Zéro intensité les premiers jours
- Écoute maximale du ressenti : dès que quelque chose “sonne faux”, on stoppe
Quand tout revient à la normale — sensations, sommeil, fréquence cardiaque, appétit — l’intensité peut revenir progressivement, sans brûler d’étapes.
En résumé
La règle générale est simple :
- Maladie “au-dessus du cou” : souvent OK pour une activité douce
- Maladie “en dessous du cou” + symptômes généraux : STOP
Et surtout :
Le sport aide à rester en bonne santé.
Mais le sport mal géré peut fragiliser, temporairement.
Ce n’est pas de la science-fiction… juste de la physiologie.
Pas de sport si : fièvres, frissons, courbatures, fatigue excessive, douleur thoracique
Pas de sport avec anti inflammatoires, anti douleurs (masque les sensations réelles)
Avoir une activité physique à l’année, renforce le système immunitaire.
… mais faire de gros volumes et haute intensité… affaiblie ton système immunitaire temporairement (il faut se protéger après ces séances pendant quelques heures : lavage de main+++, éviter les contacts avec des personnes malades…).

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