Acclimatation à la chaleur : une étape clé pour performer en endurance cet été


Avec l’arrivée des premières chaleurs de ce mois de juin, les sportifs d’endurance – coureurs, cyclistes, triathlètes – font face à un nouvel adversaire : la chaleur. Souvent sous-estimée, l’acclimatation thermique est pour moi un levier de performance, de bien-être et de sécurité. Ce processus d’adaptation du corps à la chaleur demande de la méthode et de l’écoute de soi.

Dans cet article, je vais vous expliquez pourquoi et comment bien s’acclimater, les bénéfices physiologiques, les risques à éviter, et les bonnes pratiques d’hydratation et de récupération.


🌡️ Pourquoi s’acclimater à la chaleur ?

Quand les températures montent, le corps doit mobiliser davantage d’énergie pour réguler sa température interne. Pour un effort identique, la fréquence cardiaque augmente, la perception de l’effort s’intensifie, et la performance chute de 5 à 15 % si l’on n’est pas acclimaté. C’est normal et il faut l’accepter.

Objectif de l’acclimatation :

  • Réduire la fréquence cardiaque à l’effort
  • Diminuer la température corporelle centrale
  • Augmenter le volume plasmatique sanguin
  • Accélérer la sudation et la rendre plus efficace (moins de pertes électrolytiques)

🧠 Bénéfices cognitifs : meilleures sentations (plus de confort), vigilance accrue (moins de perte de lucidité), réduction du RPE (taux d’effort perçu)


⚠️ Les risques liés à la chaleur

Avant de parler méthodes, rappelons les risques d’un entraînement par temps chaud sans acclimatation :

  • Hyperthermie : au-delà de 40°C, les risques de coup de chaleur sont critiques
  • Hypovolémie : diminution du volume sanguin à cause de la déshydratation
  • Hyponatrémie : si l’hydratation est excessive et peu salée (déséquilibre sodium)
  • Crampes, nausées, confusion mentale, voire perte de connaissance

🎯 Le bon réflexe : anticiper, progresser par paliers, et hydrater intelligemment.

La chaleur peut engendrer des risques neurologiques — perte de lucidité, confusion, voire perte de connaissance — ainsi que des complications cardiaques, pouvant aller du simple malaise à l’arrêt cardiaque. En présence d’une pathologie ou d’un doute sur votre état de santé, il est très important de prendre toutes les précautions nécessaires et de solliciter un avis médical avant la pratique.


🧪 Ce que dit la science sur l’acclimatation

Les études montrent que :

  • 5 à 7 jours suffisent pour commencer à s’adapter (effets précoces)
  • 10 à 14 jours permettent une adaptation complète (volume plasmatique, sudation optimisée, thermorégulation améliorée)
  • L’adaptation peut se maintenir pendant 7 à 14 jours sans exposition thermique (décroissance progressive)

🔁 Méthodes efficaces pour s’acclimater

1. 🌞 Exposition passive

Idéal quand il fait très chaud, sans risquer la surchauffe :

  • Sauna post-entraînement : 15-30 min à 60-90°C
  • Bain chaud (40°C) pendant 20-30 min après une séance
  • Travail en intérieur sans ventilation
  • S’exposer volontairement à la chaleur extérieur sur un temps limité
  • Pratiquer une activité légère en extérieur : jardinage, bricolage…

2. 🏃‍♂️ Exercices légers en chaleur

  • Efforts de 45 à 75 min à intensité modérée (<75 % FCM)
  • Sorties en fin de matinée ou début d’après-midi

Pour accentuer la contrainte thermique, vous pouvez ajouter une couche vestimentaire — comme un coupe-vent — avec prudence. Dans le cadre d’une préparation spécifique, comme le Marathon des Sables, il est même envisageable de porter une veste thermique pour simuler les conditions extrêmes du désert.

Pour plus de sécurité, l’entraînement en environnement contrôlé (tapis de course, home trainer) est préférable : vous évitez les risques liés à une perte de lucidité, tout en ayant la possibilité d’interrompre la séance immédiatement si nécessaire.

3. ⏳ Protocole progressif (sur 7-10 jours)

L’intensité doit être introduite de manière progressive. En phase d’adaptation à la chaleur, les séances à haute intensité (type PMA, VMA, intervalles) sont à proscrire.
Réservez ces efforts exigeants aux moments les plus frais de la journée, afin de limiter le stress thermique et préserver votre capacité de récupération.

JourDuréeIntensitéHeure
1-230 minZ1-Z211h-15h
3-545 minZ213h-16h
6-1060+ minZ2-Z312h-17h

💧 Hydratation : le nerf de la guerre

📌 Recommandations :

  • Avant l’effort : 500 mL d’eau légèrement salée (ou boisson isotonique) 1h avant
  • Pendant l’effort : 800-1200 mL/h selon la chaleur et la sudation
  • Après l’effort : remplacement des pertes (poids perdu x 1.5 en L)

Hydratez-vous régulièrement par petites quantités : quelques gorgées toutes les 5 minutes représentent un rythme idéal. N’hésitez pas à programmer une alerte sur votre montre pour vous le rappeler.

Les eaux gazeuses naturellement riches en minéraux, notamment celles légèrement salées comme St-Yorre ou Vichy Célestins, sont particulièrement intéressantes. Leur teneur en sodium et bicarbonate aide à compenser les pertes électrolytiques dues à la transpiration et favorise une récupération optimale après l’effort.

Enfin, pesez-vous avant et après l’entraînement : la différence de poids vous donne une estimation directe des pertes hydriques à compenser.

💡 L’isotonique en détail :

  • Apporte glucides + électrolytes dans des proportions proches du plasma
  • Permet une absorption plus rapide
  • Limite les crampes et l’hyponatrémie

🧂 Pertes typiques en sodium : 400 à 1200 mg/h => surveiller les recharges électrolytiques

Privilégiez des solutions de réhydratation contenant à la fois de l’eau et des sels minéraux (formule isotonique). Certaines marques, comme Decathlon, proposent des comprimés effervescents sans sucre, pratiques et efficaces pour maintenir un bon équilibre hydrique et minéral pendant l’effort.


🧠 Écoute du corps et signes d’alerte

Apprendre à détecter les signes de déshydratation et de surchauffe :

  • Soif intense, bouche sèche
  • Étourdissements, maux de tête
  • Ralentissement inhabituel, frissons
  • Urines foncées, faiblesse musculaire

En cas de doute : arrêtez, hydratez-vous, mettez-vous à l’ombre. S’arroser peut être un bon moyen de faire baisser la température corporel mais attention à ne pas le faire avec de l’eau froide pour éviter un choc thermique.


✅ Ce que vous gagnez (selon les études)

AdaptationGain estimé
Volume plasmatique+5 à 15 %
FC à l’effort-5 à -10 bpm
T° interne max-0.3 à -0.7°C
Perception effort-10 à -15 %
Performance+2 à 8 %

🎯 En résumé

L’acclimatation à la chaleur, ce n’est pas qu’un confort, c’est une condition de performance et de sécurité pour les sports d’endurance. Anticiper les premières chaleurs de juin permet :

  • D’être plus résistant et performant
  • De limiter les risques de blessure ou de malaise
  • D’arriver prêt pour les compétitions estivales

Commencez petit, soyez régulier, écoutez votre corps, buvez malin (isotonique, eau gazeuse).

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